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INTERVIEW, MICHEL ROUSSEAU SUR SON FILM « VORTEX, L’AUBE DE LA SOUVERAINETÉ »

Michel, de quoi parle ce film de science fiction et d’éveil ?

L’action se passe dans un futur proche dans

lequel les lois liberticides ont envahi notre quotidien. Une équipe de résistants et à la fois chercheurs crée des lunettes qui permettent de détecter des tunnels vers d’autres dimensions… Un moyen de s’échapper de notre quotidien.

Pourquoi parler de film d’éveil ?

Pour plusieurs raisons. Il faut savoir que j’ai écrit ce scenario en 2017… Bien avant ce qu’il s’est passé avec le Covid et ses conséquences. Je me souviens même le moment où j’ai voulu créer dans le film des panneaux holographiques dans une rue indiquant « Attention danger, couvre-feu ». J’essayais de trouver un synonyme à l’époque pour « couvre feu » car cette expression me semblait trop forte et rappelait la guerre mais je n’ai rien trouvé d’autre alors j’ai laissé cette expression dans le film. Or, il se trouve que depuis la réalité a dépassé la fiction et on utilise désormais ce mot dans notre quotidien depuis de nombreux mois. Même chose pour la fuite d’une substance radioactive dans un labo à Paris… Il y a eu Lubrizol et surtout la fuite du virus depuis… C’est comme si on pouvait prévoir le futur. Mais le but du film était à l’origine de parler du phénomène des synchronicités associé à la relativité d’Einstein. Puisque l’on sait que nous vivons dans un éternel présent et si des synchronicités peuvent nous guider dans nos choix, cela remet en cause la notion de libre arbitre. Je suis persuadé que la plupart d’entre nous dispose d’un très faible libre arbitre : à cause de notre programme d’origine bien sur (comme l’ADN) mais aussi avec notre éducation, nos certitudes, le fait de refuser de remettre en cause ce qui semble acquis par tous. Nous sommes entourés de verrous, d’engrenages et s’il on veut retrouver notre pleine souveraineté, il faut se débarrasser de nombreux programmes que l’on porte en nous.

Quand tu parles d’engrenages, on pense justement à l’univers Steampunk…

Oui exactement. Le courant Steampunk est parfait pour mettre en image ces idées. J’ai donc repris les classiques engrenages, les roues (pour mettre en image les vortexs) et les clés lorsqu’un personnage évolue dans son parcours de vie, une ouverture de porte. A l’origine j’adore l’univers Steampunk et là tout semblait parfait pour mettre en image mes idées. J’avais à la fois le fond et la forme pour ce film.

Il n’y a que du « fait maison » pour ce film. Pourquoi ce choix ?

Les raisons sont nombreuses. J’avais déjà réalisé un premier court métrage il y a quelques années « fait maison ». Il y a bien évidemment le plaisir et la fierté d’endosser plusieurs casquettes, l’idée aussi du challenge. J’ai toujours admiré Chaplin pour ça. Il avait cette capacité à aller jusqu’au bout de ses idées en faisant quasiment tout lui même. Je pense que ça fait aussi partie de la quête de soi. Retrouver sa souveraineté, c’est avant tout être le moins dépendant possible, s’affirmer, se découvrir, faire ce que l’on a envie, apprendre lorsque l’on ne sait pas faire quelque chose. Aujourd’hui on aurait tendance à déléguer chaque tache à une personne. Ca fait aussi partie de la programmation de ne pas imaginer que l’on est capable de faire les choses soi-même. Bien entendu, il faut dès le départ ressentir une certaine passion pour que les choses fonctionnent au mieux. Si on me demande de faire une maison moi-même, ça va être une catastrophe. Non pas parce que je ne suis pas « capable de le faire ». Il suffirait juste d’apprendre, de me renseigner, de refaire quand ça ne va pas, de demander quelques conseils etc… mais je n’ai pas envie, je ne suis pas en symbiose avec cette fréquence. J’ai envie de faire atre chose pour mon évolution. Créer un film, créer un imaginaire, délivrer des messages, c’est vraiment sur cette fréquence que je vibre actuellement et pour que tout cela crée une certaine magie, j’ai souhaité travailler principalement avec ma famille pour les acteurs, la création du costume de Serena, le face capture etc… Il y a aussi des amis qui ont participé aux voix de certains personnages. En fait il s’agit d’un projet tellement intime qu’il fallait qu’il soit bâti en très petit comité, un peu comme si nous étions justement cette poignée de résistants dans le film qui agit en secret…

L’inconvénient, c’est que tout cela prend du temps, même avec la meilleure volonté du monde.

C’est exact. Pour moi ça a été 4 ans de travail non stop du matin au soir, parfois la nuit et quasiment tous mes weekends. Je suis personnellement autour de 6000 heures de travail en tout.

Même si j’ai eu de nombreux moments de doutes, de colère, de déprime je savais que j’irai jusqu’au bout. Ce qui prend énormément de temps ce sont les animations et exports des scènes en 3D. Ca aurait pu aller beaucoup plus vite avec d’autres logiciels mais il y a avait des soucis de compatibilité de mes personnages et des décors ou encore des rendus qui donnaient trop l’aspect « jeu vidéo » et j’avais besoin de rendus réalistes. Pour cela actuellement il n’y a pas trop de choix, il faut laisser l’ordinateur travailler sur les rendus des lumières, des textures etc… Ca prend des jours pour réaliser 4 ou 5 secondes de film. Pour un court métrage c’est gérable mais quand vous faîtes un long métrage ce n’est plus du tout la même chose, il faut des équipes. Quand vous voyez les génériques de films de science fiction, il y a souvent 300 personnes impliquées. Làje devais tout faire seul avec un seul ordinateur. Mon générique final est donc très court…. L’autre fois, j’ai vu un générique de fin qui durait 8 minutes…. mais ce n’est pas parce qu’un film implique des centaines de personnes et des centaines de millions d’euros de dépenses qu’il est forcément bon.

Le sujet traité est vraiment original. C’est aussi une manière de se démarquer ?

Dès le départ j’étais persuadé qu’il est possible de réaliser un film « maison » avec peu de moyens mais qui traite de sujets délaissés par la grosse machine du cinéma et de la télévision. Vendre sur le web est une incroyable opportunité qui s’adresse aussi à un public qui cherche aussi autre chose que ce que l’on a l’habitude de voir. Mon film a bien sur probablement ses défauts mais avant tout je suis fier de son ambiance et de ses contenus. Quand un film Marvel sort, il n’y a que du divertissement, on retient quoi après 2 heures ? Juste des personnages qui se battent entre eux avec des dizaines d’explosions. Alors oui, les effets spéciaux sont incroyables, les coupures sont parfaites etc…Mon but premier n’est pas de faire du divertissement, c’est avant tout de traiter de questions d’ordre philosophique pour offrir de nouvelles clés au spectateur qui sera libre ou non de les utiliser dans sa vraie vie. Or, dans ce film il est question de libre arbitre, de recréer son propre monde et de ne pas se laisser aspirer par l’avenir qu’on souhaite nous imposer. Bien entendu le mot clé est le consentement. Un être humain sous pression, qui a peur, qui est menacé peut céder à ce qu’on lui impose. Or quel est l’avenir que je souhaite ? Si j’apprends à m’écouter moi et mes doubles, je peux construire quelque chose dont je ne me croyais pas capable…. On en revient au sujet de tout à l’heure : il y a quelques années je me sentais incapable de faire un film de SF quasiment de A à Z et pourtant il est là aujourd’hui, il est réel dans cette réalité. J’ai juste choisi le bon chemin pour y parvenir mais tout était déjà prêt, écrit, j’en étais capable… Voici des thèmes, des idées que l’on trouve très rarement dans des films grand public. Il faut avouer que traiter de l’éveil, de la philosophie, des synchronicités, de physique quantique,n’est pas simple à mettre en images. Il faut un certain bagage pour saisir certaines subtilités du film ou certains dialogues.

Le film passe assez vite mais il regorge de concepts sur notre rapport à notre réalité.

A un moment dans le film Serena dit « je n’ai pas voulu tout ça, je suis une simple chercheuse, pas une héroïne » et pourtant elle va découvrir qu’être un héros ce n’est pas frapper des gens avec des super pouvoirs, c’est simplement décider soi même, agir, chercher des portes de sortie pour créer son propre univers au lieu de se laisser bercer ou de croire en la fatalité.C’est aussi ça se démarquer et oser se différencier de la création ambiante. C’est un film dont VOUS êtes le héros.

D’où les références au jeu de rôle ?

Oui il y a beaucoup de références à cet univers comme les jets de dés de Yenos, mais aussi les fiches de personnages qui apparaissent à l’écran avec leurs compétences, l’homme pieuvre qui rappelle l’univers de Lovecraft et le jeu l’Appel de Cthulhu. Je pourrai même sortir un jeu de rôle « Vortex l’aube de la souveraineté » tellement l’univers est vaste et propice à ça. J’y réfléchis. Il y a aussi des clins d’oeil au cinéma mais je laisse les spectateurs les découvrir.

Où peut visionner le film ? Peut-on voir des extraits ?

Oui tout est disponible sur ce lien.

http://www.vimeo.com/ondemand/vortexlefilm

Une fois que vous avez acheté le film, c’est comme Netflix, Amazon prime etc… vous appuyez simplement sur le bouton lecture et c’est parti ! Vous pourrez revoir le film quand vous voulez (pour redécouvrir certaines subtilités), simplement en vous connectant.

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