Lorsque j’ai rencontré mon mari, originaire de la région Parisienne, il était dans le sud depuis 10 ans, et ne connaissait pas un traitre mot provençal, alors parfois la communication était un peu bizarre. Ayant toujours été dans le sud, je ne savais pas que certaines paroles que je prononçais étaient provençales et il avait donc du mal à me comprendre. Ce qui nous a toujours fait rire, moi  avec mon « mais si ça existe ce mot », lui avec « mais c’est pas dans le dictionnaire », moi « mais c’est dans mon dictionnaire à moi », il m’arrive encore parfois de lui demander « c’est français ça?  » comme si j’étais une étrangère dans mon propre pays…et je ne parle même pas de son insistance à me faire prononcer des mots, soit disant en français alors que je prononce bien, du style « Rose » que je prononce comme Rose et que lui veut me faire prononcer comme si j’avais un rhume, ou lapin, où l’on prononce in comme hein, et qu’il souhaiterait que je dise in comme si j’avais un rhume… On rigole bien sur ce genre de conversation, où il pense avoir raison, mais entre nous, personne n’a raison ou tort, chacun prononce comme il souhaite, il a fait des études de communication donc pour lui la prononciation et autres sont importante.

Faut dire, que le provençal a été supprimé chez nous, au temps de mon père, qui a 79 ans, et à l’école, on leur interdisait de parler provençal, les enfants se faisaient tiraient les oreilles très fort, mon père avait cinq ans et il s’en souvient encore. Ils apprenaient le français et la langue régional devait disparaitre. On voit de nos jours, des cours de provençal par ci par là dans le Sud Est. Par rapport à d’autre région, où la langue locale est bien resté, la notre a quasiment disparut, sauf certains mots et expressions que l’on a gardé:

  • Boucan: bruit ou se dit d’une personne ou une personne qui  bouge beaucoup, est bruyant, qui n’arrive pas à tenir en place. « Il y a du boucan  » : « Il y a du bruit ». « C’est un boucan cet enfant » : « c’est un enfant qui ne tient pas en place ».
  • Brèle: c’est une personne peu doué. « C’est une brèle celui là », « Il est pas doué celui là ».
  • Cabri: c’est une chèvre, un bélier, un animal à corne, se dit d’une personne qui court tête baisser. « Celui là il court comme un cabri.
  • La cagagne: c’est avoir la diarrhée, mais avouez que c’est plus poétique de dire la cagagne . on peut aussi dire « Tu m’escagasse » pour « tu me fais chier ». Le verbe c’est « caguer » pour « faire caca ».
  • Cagole: c’est une fille habillé très vulgaire, provocante et que l’on qualifierais de fille facile. C’est un terme péjoratif. « C’est une cagole » « c’est une fille vulgaire » on pourrait même la qualifié de Put… mais c’est un gros mots.
  • cakou: comme Kéké, quelqu’un qui parle beaucoup et fait le beau.
  • calu: c’est un taré, un fou, un idiot. « ce type roule comme un calu » « il arrive comme un calu » : « ce type roule comme un taré », « il arrive comme un fou ».
  • Clafi : Rempli / Plein. « C’est clafi de monde » : « c’est plein de monde » . « t’es clafi de bouton » « t’es remplis de bouton ».
  • Coucourde : c’est une courge, elle peut être employé comme une petite insulte « t’es coucourde » : « t’es pas réactive, t’es pas bien maline, t’es maladroite ».
  • De longue: tout le temps. « Il parle de longue »: « Il parle tout le temps ».
  • Dégun: c’est personne, on l’emploie dans « tu crains dégun » (tu crains personnes), « y a dégun »(y a personne).
  • Dormiasse: Un gros dormeur . « c’est un dormiasse celui là » : « c’est un gros dormeur celui là ».
  • Douiller: Etre cher / Avoir mal . « Ca douille ici » : « c’est cher ici ». « je douille » : « j’ai mal ».
  • Emboucaner: Embêter/ sentir mauvais/ être déranger par un bruit. « ça emboucane ici » : « ça pue ici ». « Il m’emboucane  » « Il m’embête ».
  • Encatané: Personne lourde, maladroite, quelqu’un qui nous énerve, on peut le remplacer par l’enc… . « L’encatané, il a fait tombé un verre ».
  • Ensuqué: cela peut vouloir dire plusieurs chose « cet ensuqué  » se traduit par « cet imbécile », ou « je suis ensuqué » par « je suis assommé, fatigué, endormie » s’utilise avec la chaleur, on dit aussi « ça m’ensuque »
  • Esquiché : Ecrasé, serré . « Regarde les brioches sont toutes esquiché ».
  • Fada: niais, idiot, fou/  ou s’utilise dans une phrase comme exclamation en début ou fin de phrase . « Mais il est fada celui là » : « Mais il est fou celui là ». « Rho fada, j’ai failli tomber ».
  • Fan: exclamation se prononce « f an » pas « fane ». « Oh fan je suis tombé ». « Fan de lune ».
  • Fatche: Face sens Figure ou sert d’exclamation et s’accompagne dans ce cas du « de ». « T’as pas de Fatche »: « T’as pas de figure ». « Fatche de! j’ai rencontré George clooney ».
  • Farigoule : Thym, herbe de Provence. « Met un peu de farigoule pour avoir du goût ».
  • Fé pa Cao: on l’emploi souvent l’hiver, ça veut dire « fait pas chaud ».
  • Gâter: c’est faire un câlin. « on fait gâté »: « On fait un câlin ».
  • Jobastre: fou . « c’est un jobastre  » : « c’est un fou ou malade ».
  • Kéké: quelqu’un qui fait son beau. « Il fait le kéké » : « Il fait le beau ».
  • Le cagnard: c’est la chaleur.
  • Maï: Encore. « Qu’est ce que t’a maï fait ?  » : « Qu’est ce que t’as encore fait? ».
  • Mouligas: Mou, le s se prononce. « Il est mouligas » : « Il est mou ».
  • Niaï: Niai, bête. « Fait pas le Niaï » : « Fais pas le niai ».
  • Nono: dodo. « Fais nono »: « Fais dodo ».
  • Ouaï: Pagaille ou mettre le feu. « T’as mis le Ouaï »: « t’as mis le feu ». « c’est le ouaï ici » : c’est la pagaille ici ».
  • Pastaga, c’est le pastis
  • Peuchère:  pauvre. « Regarde le, peuchère, il fait peine ».
  • Pègue: alors c’est un mot qui n’a pas de traduction en français. En français, on dit « ça colle » pour tout, le mot « pegue » est un mot qu’on utilisera si ça colle un peu, genre sur une table non nettoyée, ou un jus de fruit qu’on aura renversé par terre. Dans le sud, le mot coller est utilisé quand ça colle, comme une feuille que l’on colle sur un cahier. Le mot Pègue est souvent accompagné de signe de la main soit l’index et le pouce qui se touchent plusieurs fois, soit les deux mains que l’on tapote paumes contre paumes pour montrer que ça Pègue lol.
  • Pécou: c’est un bitouniou (j’ai regardé sur le net, apparemment on dit bitauniau en Français), c’est un petit truc au dessus d’un objet ou la queue d’un fruit (les figues on un petit pécou vert sur le dessus, par exemple).
  • Pitchoun, Pitchounette: Les petits, les petites pour des enfants de moins de dix ans.
  • Il y a l’expression aussi: « Il est bien brave« : s’il y a bien devant le brave, c’est que cela veut dire qu’il est gentil mais qu’il a pas la lumière à tout les étages. C’es un peu comme l’expression « On l’aime bien au village depuis que le chien est mort ».
  • Peuchère: le pauvre et c’est aussi une exclamation. « Peuchère, il est pas bien »: « Le pauvre, il est pas bien ». « C’est triste, peuchère ».
  • Poucave: c’est une balance. « c’est trop une poucave celle là ».
  • Ratounes: petites dents, quenotte. « Oh on voit les ratounes qui sort »: « oh on voit les dents sortir ».
  • Ravi: c’est le ravi de la crèche (l’homme qui a les bras en l’air). « oh comme il est content on dirait le ravi ».
  • Rompe cul: pente raide. « cet endroit est un rompe cul » ou se dit aussi d’une personne « c’est un rompe cul » une personne qui aurait l’esprit raide.
  • Ronque: Dormir d’un profond sommeil. « Il ronque »: « Il dort ».
  • Roumègue: Râler. « Il roumègue » : Il râle
  • Rouste: fessée, raclée. « Tu vas avoir une rouste » : « tu vas avoir la fessée ».
  • Rouspéter: Disputer, gueuler. « Il rouspète celui là »: « Il gueule celui là », « Maman a rouspéter » : « Maman m’a disputée ».
  • Rouviller: Râler. « Cet enfant rouville » : « Cet enfant râle ».
  • Se viander: se faire  très mal. « Il s’est viandé »: « Il s’est fait mal ».
  • Tchater: Parler, dans le sens bavard.  » Celui là il tchatche »
  • : Voir, ou commence une phrase « Vé le lui » ou « vé c’est la vie ».
  • Voumiette : c’est tout simplement une tâche d’aliment que l’on se fait sur un habit. « Tu t’es fait une voumiette ».

 

Il y a aussi des expressions et des mots:

A l’an qué vin qué sé siam pas mai qué siguem pas men: se dit pour la nouvelle année « A l’an qui vient, que si nous ne sommes pas plus, nous ne soyons pas moins ». Pour se souhaitez qu’on soit encore tous là l’année prochaine.

Fai de ben a Bertrand, té lou rend en caguant, Fai de ben a Martin, té cague di la main:
« Fait du bien à Bertrand, il te le rend en chiant, fait du bien à Martin il te chiera dans la main. »

Vielo oulo, buon soupe: « c’est dans les vielles marmite qu’on fait les meilleures soupes » , traduit littéralement « vieille marmite, bonne soupe ».

T’es Fanny: Fanny veut dire cul de Fanny, c’est pour se moquer, c’est une expression qui s’entend souvent à la pétanque « t’es Fanny » « t’as eut Fanny ». Il y a bien longtemps, les perdant aux boules, devait embrasser un dessin de postérieur de femme. C’était le cul de Fanny, pourquoi Fanny? je sais pas lol. « T’es Fanny » est donc une expression rigolote qu’on dit pour des perdant.

 

Les gros mots aussi sont monnaie courante dans le sud, comme disait Bosso, le putain c’est la virgule, et le con c’est le point:

Putain c’est un mot qu’on met à la fin d’une phrase, ou pour revendiquer notre mécontentement ou notre joie. « Putain j’ai gagné au loto », « Putain tu fait chier ta race ». A savoir que le mot race est souvent prononcé, mais c’est pas une question de racisme, c’est un peu comme le nique ta mère ou la con de toi, une insulte que l’on sort même à une personne de même origine.

La con de ta mère, la con de toi s’emploie quand quelqu’un a fait une grosse connerie.

T’es con: n’est pas une insulte péjorative, on l’utilise soit pour dire que tu m’as fait rire « t’es con » genre t’as de l’humour, soit pour dire tu m’énerves « t’es con ». A voir avec l’intonation dans laquelle on vous le dit.

Pour aller plus loin:

https://www.j-aime-le-vaucluse.com/dialectes-provencaux

 

MON AVIS

  • Ce que j’aime: 

La diversité des langues dans les régions, le côté chaleureux de ses langues. C’est convivial d’avoir son propre langage et de communiquer et la faire partager.

  • Ce que je n’aime pas:

L’Etat, le gouvernement, les assemblées Nationale qui de tout temps imposent leur lois, leur choix, leur mode de vie, sous couvert d’une démocratie, nous ne sommes qu’une dictature sournoise. L’Etat nous prive peut à peut de nos langues régionnales, de notre vie et nous laissons faire tel de beaux et gentils petits moutons.

Paris a essayé de tuer cette langue Provençale. On l’avait interdite aux enfants dans les écoles… Celui qui prononçait le premier mot provençal, on lui donnait la clé de la classe en disant: « c’est toi qui balaiera ce soir »! Mais il avait le droit de la repasser à un autre, si un autre parlait provençal… C’est comme cela qu’on a fait disparaitre le provençal dans les écoles.

Marcel Pagnol.

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